Une bagarre de rue: faut-il s’interposer?! [violence urbaine]

Qui n’a pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© tĂ©moin d’une bagarre? Dans ces moments-lĂ , la petite voix peut, selon notre Ă©ducation et notre expĂ©rience de vie, nous inciter Ă  participer Ă  la cohue gĂ©nĂ©rale; Ă  s’interposer avec les risques que cela comporte; ou Ă  continuer tout simplement son chemin… Mais au fond, qu’est-ce qu’on est censĂ© faire?

Le Chasseur discutait avec un ami qui, profitant d’une balade, lui prĂ©senta un projet Ă©ducatif. Jusqu’à ce que soudain, un cri les interrompit brusquement. L’ami du Chasseur lui indiqua la provenance du cri. Il s’agissait d’une fille qui essayait d’empĂȘcher son compagnon de se battre avec un autre homme. L’ami du Chasseur se rua vers les deux personnes qui, entre-temps, avaient commencĂ© Ă  se donner des coups de poings. Il se mit entre les deux pour tenter de les arrĂȘter. Le Chasseur pris au dĂ©pourvu, le suivit et tenta de dissuader l’une des deux personnes.

La partie démarre!

AMI
🏃‍ AgilitĂ©= + 5 xp [esquive 60% des attaques]
💔 SantĂ©= – 8 pts [l’un des deux bagarreur lui donne un coup sur le cotĂ©]
👅 Persuasion= Ă©chouĂ© ! [L’état de nervositĂ© des deux bagarreurs bloque l’action de persuasion. L’ami est perçu comme un obstacle qui les empĂȘche de dĂ©charger leur colĂšre.]

CHASSEUR
👆 AutoritĂ©= Pts non suffisants pour stopper la cible.
👅 Persuasion= Ă©chouĂ© ! [l’état de nervositĂ© de la cible bloque l’action de persuasion]
đŸ’„ Attaque spĂ©ciale: 🃏 diversion!–> action rĂ©ussie! La cible diminue son niveau d’hostilitĂ© et s’en va.

RĂ©sultat:

L’ami du Chasseur s’est mis en danger ! Se mettre entre deux personnes en colĂšre et prĂȘtes Ă  en dĂ©coudre, est la meilleure maniĂšre de ramasser un mauvais coup. Et c’est ce qui est arrivĂ©! Encore heureux, il s’agissait d’un coup lĂ©ger, dans d’autres circonstances plus graves, cela aurait pu ĂȘtre d’un coup de couteau !

Le Chasseur a tentĂ© de persuader l’une des personnes hostiles de l’inutilitĂ© de se battre, en arguant que les gens assistaient Ă  la scĂšne. Cela n’a rien donnĂ©. Ensuite, il a posĂ© sa main sur l’épaule de la personne et lui a murmurĂ© Ă  l’oreille qu’un des passants avait appelĂ© la police en l’accusant d’ĂȘtre l’agresseur. Le Chasseur lui suggĂ©ra, Ă  la maniĂšre d’un ami, qu’il ferait mieux de dĂ©guerpir. Le bagarreur s’est tournĂ© des deux cĂŽtĂ©s, comme pour vĂ©rifier si la police Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ . Il finit par ne plus rĂ©pondre aux provocations de l’autre personne qui continuait de l’insulter malgrĂ© que sa copine lui agrippĂąt le bras ; et il s’en alla.

Cette diversion a fonctionnĂ© 2 fois sur trois. En gĂ©nĂ©ral, les adolescents ne prĂȘtent pas attention si vous leur parlez de la police. Le Chasseur a testĂ© deux autres types de diversion :

  1. PrĂ©tendre qu’un groupe de gens arrive pour s’en prendre Ă  sa personne.
  2. Assurer que son ennemi cache une arme et qu’il s’apprĂȘte Ă  l’utiliser.

Aucune garantie de rĂ©sultat. D’autant plus que si les deux personnes se connaissent suffisamment, vous pourriez avoir l’air d’un idiot. Donc, Ă  vous d’évaluer la situation et ce qui est possible de faire ou pas. Si vous ne le sentez pas, contentez-vous d’appeler les secours ou un agent de prĂ©vention. Ne prenez pas le risque d’ĂȘtre pris pour cible en jouant les shĂ©rifs.

Anecdotes du Chasseur

#Notes du Chasseur, 2008 :

« Nuit d’automne, face du cafĂ© La TraversiĂšre.2008
Cette nuit-lĂ , je marchais Ă  mon aise, le tĂ©lĂ©phone portable en main. J’ai pensĂ© Ă  appeler un ancien ami qui ne m’avait pas donnĂ© de nouvelles depuis un bon moment. Ah, il a dĂ©croché  je n’avoue ne pas m’y ĂȘtre attendu. Tandis que je lui demande de ses nouvelles ; j’entends une altercation entre deux hommes Ă  la sortie d’un cafĂ©. Je suis juste en face d’eux ; ils ont l’air vachement tendus. Le tĂ©lĂ©phone en main, je dĂ©cris la scĂšne Ă  mon ami, tout aussi curieux que moi.
Tout Ă  coup, l’un des hommes se tourne vers moi et me fait des signes avec sa main. Des signes que j’ai dĂ» mal Ă  comprendre. Pensant qu’il Ă©tait ivre, je continue mon chemin, le tĂ©lĂ©phone toujours collĂ© Ă  l’oreille. Il me rattrape ; je l’entends. J’esquive une tentative de rĂ©cupĂ©rer mon tĂ©lĂ©phone. Je m’arrĂȘte, totalement tournĂ© vers lui. Le regard sĂ©vĂšre, je lui demande la raison de son hostilitĂ©.

  • Pourquoi appelles-tu la police?!
  • Hein?! J’étais au tĂ©lĂ©phone avec un ami, pas la police!
  • Ah
 dĂ©solĂ© l’ami! Je me suis trompĂ©!
  • 


C’était idiot, mais cela a quand mĂȘme mis fin Ă  la bagarre entre les deux personnes. Avec le recul, on pourrait se demander s’il n’avait pas en rĂ©alitĂ© jouĂ© un rĂŽle et crĂ©Ă© cette diversion pour mettre fin au conflit avec l’autre bagarreur sans perdre la face. Si c’est le cas, ce serait plutĂŽt rusĂ© de sa part. (
)« 

#Notes du Chasseur, 2002 :

« JournĂ©e classique en classe de secondaire, cours d’anglais. 2002.
J’étais encore jeune, un ado qui se croyait diffĂ©rent comme tous les autres petits cons de son Ăąge. Un camarade plus grand que moi, a dĂ©cidĂ© ce jour-lĂ  de se payer ma tĂȘte. Je l’ai remis Ă  sa place avec une pique comme je savais bien les faire Ă  cette Ă©poque. Mais au lieu de le calmer, il a choisi de jouer les fanfarons et de me dominer en se mettant en face de moi, le torse bombĂ©. Ce jour-lĂ , je ne devais vraiment pas ĂȘtre dans mes bons jours, car j’ai donnĂ© le premier coup [Note de l’éditeur :ceci n’est pas un conseil Ă  imiter] ! L’agresseur devenu victime s’est retrouvĂ© couchĂ© sur le banc d’un autre. À ce moment-lĂ , d’autres Ă©lĂšves se sont ruĂ©s dans ma direction et m’ont bloquĂ© les bras pour Ă©viter que je continue (alors que je n’en avais pas du tout l’intention). ConsĂ©quence, mon ennemi du moment s’est relevĂ© et a profitĂ© du fait que je ne pouvais plus me dĂ©fendre pour me rouer de coups
 Mes camarades de classe avaient agi avec une bonne intention, mais ils auraient dĂ» nous retenir tous les deux
 RĂ©sultat, j’en suis ressorti avec une sacrĂ©e bosse sur le front. J’étais tellement en colĂšre que j’étais prĂȘt Ă  tout dĂ©truire sur mon passage ; ma haine l’a rĂ©ellement surpris. Il ne devait pas s’attendre Ă  une telle rĂ©action de ma part. Sur le chemin qui devait nous mener au directeur (pour recevoir notre sanction), j’ai ressenti sa culpabilitĂ©, et nous nous sommes excusĂ©s tous les deux. D’ailleurs, il n’a pas tardĂ© Ă  devenir un ami. Comme quoi
(
)
« 

À retenir:

  • Ne jamais vous mettre entre deux personnes qui s’affrontent !
  • Ne pas agripper les bras d’une des personnes si l’autre est libre de ses mouvements. Vous allez juste le priver des moyens de se dĂ©fendre et Ă  cause de vous, il pourrait ĂȘtre blessĂ© !
  • Si le contexte le permet et que c’est dans vos cordes, faites une diversion pour dĂ©tourner leur attention !
  • Il faut ĂȘtre deux pour se battre. Mieux vaut tenter de persuader celui qui est le moins enclin Ă  la confrontation. L’autre Ă©tant dans un Ă©tat second, il ne verra en vous qu’un obstacle au dĂ©chainement de sa colĂšre (risque de devenir sa cible).
  • Si et seulement si vous connaissez suffisamment bien l’un des deux acteurs du conflit et/ou vous partagez un lien de confiance suffisamment fort pour ĂȘtre entendu malgrĂ© sa colĂšre : posez une main sur son avant-bras, regardez-le dans les yeux, quitte Ă  poser votre front contre le sien et dites-lui ce qu’il a besoin d’entendre pour que son focus soit orientĂ© dans votre direction.
  • Interpellez un agent de prĂ©vention (gardien de la paix) et/ou la police de proximitĂ©, la situation pourrait s’envenimer et devenir grave (blessures physiques, voire mortelles, etc.)

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