CLR(15): Le sentiment d’appartenance

L’intégration dans une nouvelle communauté se fait en satisfaisant des valeurs d’appartenance ( à une nouvelle famille). Ses codes sont utilisés systématiquement pour embrigader de nouvelles recrues. Savez-vous ce qu’est un ghurabiste? Comment le besoin de se détacher des biens matériels est détourné pour vous manipuler et vous enrôler dans une secte? Comprenez le processus et protégez ceux qui vous sont chers!

Le besoin d’appartenance à une nouvelle famille

Dans la pyramide de MASLOW[1], le besoin d’appartenance est situé à un niveau important, juste après les besoins physiologiques et la sécurité. Ce besoin trouve satisfaction dans l’appartenance à un groupe (quel que soit le nombre de personnes) qui vous est particulier. Plus cet attachement au groupe est élevé et plus nous pourrions le considérer comme une sorte de « famille » dans laquelle vous vous reconnaissez.

Intégrer votre nouvelle et famille respectez ses codes

Le sentiment d’appartenance à une famille permet de satisfaire de nombreuses valeurs. Par exemple, la solidarité, l’honneur (préservation), la sécurité (par la protection de ses membres), la croissance ( ce qui  peut aboutir à la rivalité avec d’autres  familles), et parfois une notion de justice peu saine (la vendetta par exemple), etc.

Les gourous (ou propagandistes) vont instaurer une dépendance à la communauté, au groupe, au parti, qui deviendra votre seule et vraie famille. La seule en qui vous pourrez avoir confiance ; la seule qui vous accepte comme vous devriez être (selon la secte du gourou). Plus rien n’aura plus d’importance que cette famille. Elle sera au-dessus de toutes les autres. Votre but ? Aider la famille (qui peut être représentée par un parti, une communauté ethnique ou religieuse, etc.) à évoluer et prospérer. Et pour cela, elle n’aura en général pas d’autres choix que de dominer tous ses concurrents potentiels.

Toute organisation de type mafia (de la mafia sicilienne aux triades chinoises) se base sur ce système, mettant en avant la valeur « sacrée » de la famille.

Et attention à bien vous conformer à ses préceptes et à ses lois, ou vous risquez de vous en faire exclure, ou  bien pire selon le dogme de la famille à laquelle vous appartenez (marginalisation, bannissement, exécution).

Cette dépendance à la famille se nourrit également du besoin de sécurité que l’on peut retrouver chez tout individu. Elle pourra ainsi combler cette nécessité d’être entouré, protégé, et en quelque sorte d’avoir un nid.

Recharger vos “strokes”!

En matière de reconnaissance, elle est aussi la meilleure manière de recevoir sa dose quotidienne de stimulation externe, à savoir les fameux « stokes » ou « calories psychologiques » vulgarisée en analyse transactionnelle.

Le terme ‘’ Stroke’’ a pour origine un verbe anglais : ‘’ To stroke‘’  qui peut se traduire dans son usage francophone par le fait de stimuler une personne. Il s’agit plus précisément de la reconnaissance de l’autre à travers un compliment ou au contraire une insulte, un geste, une action, etc. Un stroke positif, appelé aussi ‘’caresse ‘’, est tout comportement verbal ou non verbal interprété comme positif chez la personne concernée (ex : un compliment, un câlin, etc.). Tandis qu’un stroke négatif, est un comportement verbal ou non verbal interprété de manière négative (ex : une critique, une gifle, etc.)

Le Dr. Eric Berne fait mention d’une conclusion intéressante dans ses recherches . Selon lui, toute personne aurait des besoins de « strokes » positifs ou négatifs. Il vaudrait donc mieux pour  quelqu’un d’être dévalorisé (stroke négatif) par une personne, que d’être simplement ignoré (pas de stroke). Ce qui a pour avantage de donner une explication sur certains comportements rebelles et des provocations causées par des personnes se sentant ignorées par une personne qui leur est importante, par un groupe ou encore par un système.

Cependant, une surdose de stroke pourrait au contraire, vous pousser à vous retirer au calme dans un endroit isolé pendant quelques temps. Une fois que votre capital de strokes aura nettement diminué, vous ressentirez l’envie de retrouver des personnes, d’aller boire un verre avec un ou des amis afin d’en refaire le plein.

Ghuraba (étranger à ce monde) et les enfants perdus?

Il peut nous arriver à tous,  j’imagine, de nous sentir comme « absent de ce monde », à un moment ou à un autre dans notre chemin de vie. Comme si tout à coup, nous réalisions que notre place était « ailleurs » ; que nous étions étrangers à ce qui se déroule dans notre environnement  ou au-delà de ses frontières.

Et parfois les larmes du cœur nous poussent à lever les yeux vers le ciel, le scrutant de manière intuitive à la recherche de ces marches invisibles, ces marches qui nous permettraient d’atteindre la transcendance, la source de notre âme jugée incomplète. Atteindre une « vérité » dont on ignore la représentation matérielle, mais dont l’idée conceptuelle nous fait vibrer au moindre rappel.

Et cette vérité, ou quel que soit le nom qu’elle puisse porter, nous sommes persuadés de pouvoir la reconnaitre dés l’instant où nous la (re)verrons, l’entendrons ou la ressentirons….

S’ensuit un mal-être, renforcé par ce sentiment d’être « seul » comme un orphelin et d’être incompris.

Une nostalgie d’un passé prénatal, dont les souvenirs n’existent que dans la foi d’un passé commun avec une vérité qui se trouve ailleurs, quelque part à nous attendre sur terre ou dans la valse céleste.

Nous pouvons tous passer par cette phase, qui selon la sensibilité de la personne et ses expériences, peut se répéter de manière chronique. Celle-ci est malheureusement bien connue par les gourous de tous bords. Ceux-ci exploiteront cette mystérieuse « nostalgie » pour s’y insérer et vous faire comprendre qu’ils sont à la recherche de la même « vérité », et que c’est ce qui fera de vous une « famille » lorsque vous serez « enfin » réunis.

Ils sauront comment s’y prendre pour vous substituer la Mère (représentant symbolique de l’émotionnel et de l’affectif) et le Père (représentant symbolique de l’autorité et du savoir) par de nouveaux Parents portant leur étendard et leurs croyances.

Donnez la direction, et l’être humain en donnera un « sens ».

Hxz 2020

Sachez que vous n’êtes pas des orphelins…
Vous juste êtes fatigué d’entendre et de voir des choses qui bafouent vos critères et valeurs, au point où vous ressentez le besoin de vous isoler.

Reposez-vous ! Rejoignez ceux qui vous comprennent, afin de reprendre des forces et de remobiliser vos propres ressources. Pour ensuite retrouver vos frères et sœurs humains avec toute la bienveillance de celui qui reconnait en l’homme son frère, malgré ses jugements et ses erreurs.

Prochain article : CLR(15): LES PROPHÉTIES AUTO-RÉALISATRICES (l’effet Pygmalion)

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[1] « La pyramide des besoins schématise une théorie élaborée à partir des observations réalisées dans les années 1940 par le psychologue Abraham Maslow sur la motivation. L’article où Maslow expose sa théorie de la motivation, A Theory of Human Motivation, est paru en 1943. Il ne représente pas cette hiérarchie sous la forme d’une pyramide, mais cette représentation s’est imposée dans le domaine de la psychologie du travail, pour sa commodité. Maslow parle, quant à lui, de hiérarchie, et il en a une vision dynamique » (source : Wiki).

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